La première serre commerciale sur un toit de Montréal, et à Paris ?

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A Montréal, les légumes poussent sur les toits

Regarder chez son voisin si l’herbe y est plus verte est parfois une bonne idée. Nos cousins du Québec à Montréal ont construit la première serre commerciale sur un toit au monde.

Mohamed Hage veut montrer qu’il est possible de pratiquer une agriculture plus responsable : faible consommation énergétique, produits biologiques, circuit court. Pour un investissement de 2 millions de dollars, Mohamed Hage et Kurt D. Lynn montent ce projet avec l’aide d’une équipe de scientifiques de l’université McGill à Montréal.

25 espèces de légumes et 40 variété au total poussent sur le toit de la ferme Lufa, dans une serre de 31 000 pieds carrés (env. 2 800 m carrés je crois..) érigée sur le toit d’un immeuble de bureaux, pour nourrir 2000 personnes.

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 » Cultiver un meilleur futur « 

L’idée est poussée et tous les détails ont été soignés, récupération de l’eau de pluie, élevage d’insectes « utiles » (coccinelles) pour lutter contre les insectes « nuisibles » (pucerons) et éviter l’emploi de pesticides, culture hydroponique dont les circuits de recirculation redistribuent l’eau d’irrigation. Pas d’emballage superflu, ou de coût de transports lourds en émission de CO2 puisque la ferme Lufa fonctionne en circuit court.
La vente des produits est organisée en paniers. On choisit un panier au forfait qu’on paye au fur et à mesure et qui est modulable à souhait, on   récupère ensuite ses légumes directement sur le toit ou en point cueillette. C’est un peu le relais Kiala du pot au feu quoi…
Malins, ces city-culteurs s’adressent même aux professionnels, restaurateurs et salariés d’entreprises en leur proposant des produits particuliers et des tarifs de groupe.

La ferme Lufa est projet couronné de succès.
Courant 2013, Lufa a pour projet d’ouvrir un seconde ferme à Laval puis une troisième à Boston. « Dans cinq ans, j’espère avoir de six à huit serres totalisant 500000 pi2, toutes sur un toit, dans des villes du Canada et des États-Unis situées à moins de 200 km au nord et au sud de lafrontière », raconte Mohamed Hage interviewé par Créateurs d’Avenir.

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Les serres de Lufa à Montréal

Et alors concernant Paris ?

A ma connaissance il n’existe pas d’exploitations agricoles sur les toits de Paris, on a déjà du mal à y mettre des panneaux solaires…
Il me semble que la ville de Montréal bénéficie de nombreuses aides régionales (Québec) et nationnales (Canada) pour réduire les taxes et favoriser les projets, particulièrement si il s’agit d’écologie. Mohamed Hage l’évoque dans son interview, la viabilité du projet repose sur le modèle économique de Montréal… Je n’ai pas fait les calculs mais, habitant à Paris, je sais que le mètre carré coûte cher !

En revanche, je suis certaine qu’un projet comme celui ci aura du succès à Paris, si on s’appuie sur la multiplication des jardins partagés à Paris et les listes d’attente des AMAP …
Le nouveau quartier de Bercy – Charenton me parait être l’endroit parfait pour y faire naitre un tel projet. L’espace entre le quartier de Bercy (12ème arrondissement de Paris) et la ville de Charenton-le-Pont (Val de Marne – 94) est l’objet de toutes les réflexions d’aménagement du territoire. On prévoit d’y construire 4000 logements et 330 000 m2 d’immeubles d’activité. Pourquoi ne pas proposer (ou imposer ?) aux entreprises qui choisiraient de s’installer là, de participer à  l’émancipation écologique de ce quartier en co-finançant la construction de serres commerciales ?

La Marie de Paris, et les acteurs impliqués, pourraient inclure ces serres dans leur projet d’urbanisme du quartier de Bercy-Charenton en posant sur leurs toits des sols favorables et des matériaux non toxiques. Pourquoi ne pas faire un appel à projet d’aménagement de ces toits dont les jeunes architectes écolos se délecteront ?

A terme ces fermes pourraient être exploitées par des associations soutenues par la mairie de Paris, co gérées par les établissements scolaires des environs, entrer dans des programmes de réinsertion par l’emploi ETC. Il y a un millier d’autres idées positives qui peuvent émaner d’un tel projet…

Ces serres, à l’instar des fermes Lufa et de la Food Forest de Ron Finley, pourraient offrir aux habitants de ce quartier, et même aux salariés de passage, la possibilité de se fournir en fruits et légumes extra frais. Ces exploitations agri-urbaines seraient même créatrices d’emplois et vecteurs de lien social

Circuit court, faible coût, faible emprunte écologique. Paris pourrait entrer dans la cour des grands et enfin prétendre à être de ces villes qui respectent la nature…

Quelques infos sur le quartier de Bercy-Charenton mises à jour régulièrement par la Mairie du 12ème.
Faites un tour sur le blogue de Lufa, et sur leur site qui se trouve ici.

Et vous ? Que pensez vous de ces serres sur les toits ? Pensez vous qu’il est possible de faire la même chose à paris ? Quels quartier serait pour vous le plus propice ? connaissez vous d’autres initiatives de ce genre ?

Images via Food Urbanism

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Une réponse à “La première serre commerciale sur un toit de Montréal, et à Paris ?

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